Les fondements de Pluviac

L’application Pluviac : évaluer les services écosystémiques rendus par un panel de solutions durables d’aménagement pour la gestion des eaux pluviales

Découvrez les fondements et le fonctionnement de l’application Pluviac. Conçue pour sensibiliser, communiquer et promouvoir les solutions durables et végétalisées de gestion des eaux pluviales selon vos priorités en matière de services écosystémiques, Pluviac constitue :

  • un outil de sensibilisation et d’échange entre élus, techniciens et citoyens
  • un outil d’évaluation de vos aménagements et de votre politique de gestion des eaux pluviales
  • un outil d’aide à la décision pour projeter vos aménagements futurs. 

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1. Bases scientifiques

La matrice des capacités de Burkhard

Pluviac repose sur l’évaluation de la capacité des aménagements de gestion durable des eaux pluviales à fournir divers services écosystémiques, selon le modèle de la matrice des capacités (Burkhard et al., 2012, 2014). Cette méthode permet une comparaison relative des performances de chaque aménagement.

La matrice des capacités Pluviac croise :

  • 36 solutions d’aménagement de gestion des eaux pluviales assimilées à des « écosystèmes » (noues, mares, bassins, îlots végétalisés, etc.. ;) ;
  • 9 services écosystémiques évalués via des critères dédiés : 1 service support (accueil de la biodiversité), 4 services de régulation (rétention des eaux pluviales, infiltration des eaux pluviales, régulation de la qualité de l’eau, régulation de l’îlot de chaleur) et 4 services culturels (aménité paysagère, activités récréatives, recherche et expérimentation, sensibilisation à l’environnement).

 

2. Choix méthodologique

Pourquoi recourir à l'expertise d'usage ?

L’évaluation des services écosystémiques urbains, développée depuis le Millennium Ecosystem Assessment (2005), alimente une bibliographie scientifique croissante pour les techniques somme toute récentes, de gestion durable des eaux pluviales. Le programme GIEUMU dont Pluviac est issu, a d’ailleurs contribué à ces bases de données scientifiques. Cependant, celles-ci restaient insuffisamment généralisables pour construire un outil technique basé sur l’évaluation des services écosystémiques rendus par le panel des aménagements de gestion durable des eaux pluviales. C’est pourquoi Pluviac a fait le choix méthodologique d’une démarche participative à dire d’experts. Scientifiques, experts dont ceux du Cerema, praticiens des collectivités, bureaux d’études spécialisés en biodiversité, ont contribué à la sélection des aménagements, ont établi une grille de notation, ont confronté leurs avis et harmonisé les écarts, garantissant ainsi un outil opérationnel et robuste. Celles-ci ont été en dernier ressort consolidés par la bibliographie. A titre de comparaison, Sésame, l’outil d’évaluation des services écosystémiques fournis par différentes essences végétales, s’appuie sur une littérature scientifique jugée suffisamment abondante et robuste.
 

La démarche à dire d’expert est-elle scientifique ?

« L'utilisation de méthodes basées sur le jugement d’experts s'est avérée être une option efficace pour aborder les compromis simplicité/complexité et précision/incertitude [...]. Par sa simplicité et sa flexibilité, la méthode des matrices constitue un outil pédagogique facilitant l'appropriation rapide des résultats par les décideurs pour planifier l'occupation du sol et gérer les ressources. » (C.-S. Campagne, 2018). Il est important de noter qu’un indice de confiance est donné par la personne interviewée par rapport à sa connaissance de l’aménagement et sa connaissance du service écosystémique ce qui permet de fiabiliser la moyenne entre les réponses des acteurs. Par ailleurs, le panel des acteurs interrogés peut être large.

3. Assimilation des aménagements à des écosystèmes

Les noues, jardins de pluie, tranchées de Stockholm, massifs, îlots et dépressions végétalisés, bassins secs et en eau, mares, étangs et lagunes, toitures végétalisées, pavés perméables… le large spectre de ces aménagements de gestion durable des eaux pluviales présentent des degrés de naturalité très variables :

  • Solutions fondées sur la nature : conçues selon le génie écologique, elles restaurent des fonctionnalités proches des milieux naturels et obtiennent les scores les plus élevés. A titre de rappel, les Solutions fondées sur la Nature sont définies par l’UICN comme :
    « les actions visant à protéger, gérer de manière durable et restaurer des écosystèmes naturels ou modifiés pour relever directement les défis de société de manière efficace et adaptative, tout en assurant le bien-être humain et en produisant des bénéfices pour la biodiversité ». Elles se déclinent en trois types d’actions : la préservation d’écosystèmes fonctionnels et en bon état écologique ; l’amélioration de la gestion d’écosystèmes pour une utilisation durable par les activités humaines ; la restauration d’écosystèmes dégradés ou la création d’éco­systèmes. » C’est principalement ce dernier type d’actions et d’écosystèmes qui est concerné dans les milieux urbanisés, et donc, dans Pluviac. 

  • Solutions grises : aux fonctionnalités écologiques réduites, elles obtiennent des scores faibles ou nuls. Non végétalisées, ces solutions excluent les services liés à la biodiversité mais permettent tout de même ceux liés à la régulation de la gestion quantitative et qualitative de l’eau. Elles restent intégrées dans Pluviac pour répondre aux nombreuses contraintes des milieux urbains, et peuvent se combiner aux premières. Exemple : pavés drainants, revêtements perméables minéral et tranchées, bassin sec à enrochement de surface, réservoir de stockage et puits d’infiltration…

Ainsi, chaque aménagement sera assimilé à un écosystème et recevra une notation pour chacun des 9 services écosystémiques.

Pluviac regroupe l’ensemble de ces aménagements sous la dénomination « aménagements de gestion durable des eaux pluviales » ou « solutions durables de gestion des eaux pluviales ».

Les réseaux classiques « tout tuyau », qui évacuent l'eau sans la retenir ni abriter de systèmes vivants, ne rendent aucun service écosystémique et sont écartés de Pluviac. 
 

4. De l'expression des besoins au classement des solutions

Voici les étapes suivies par l’application :

  • Qualification de la demande : hiérarchisation des 9 services écosystémiques selon 5 niveaux de priorité (de « pas important » à « très important »).
  • Notation : attribution d’un score de nul (0) à maximal (4) pour chaque combinaison aménagement /service écosystémique.
  • Seuils d’adéquation de l’aménagement à la demande : répartition en 5 catégories : parfaitement, très bien, bien, moyennement, non sélectionnées. 
  • Résultat : confrontation des besoins en services écosystémiques aux potentiels de chaque aménagement à les fournir pour faire émerger :
    • Les solutions championnes (adéquation parfaite à très bonne) ;
    • Les solutions satisfaisantes (adéquation bonne à moyenne).
    • Les solutions non sélectionnées (les solutions limitées aux services de régulation qualitative et quantitative de l’eau, restent visibles ici car précieuses dans les espaces très contraints ne permettant pas la végétalisation). 

Pluviac identifie ainsi un panel d’aménagements adapté aux besoins exprimés, en privilégiant les Solutions fondées sur la nature et en les associant, si besoin, à des solutions grises.