La genèse de Pluviac

De la recherche à l’aide à la décision

Pluviac s’inscrit au cœur d’une dynamique de recherche et d’expérimentation dédiée à la place de l’eau et de la nature en ville. Deux programmes majeurs ont particulièrement contribué à forger les fondements du projet : EFESE, l’Évaluation française des écosystèmes et des services écosystémiques et GIEMU, le programme de recherche sur la Gestion intégrée de l’eau en milieu urbain.
 

Programme EFESE

Appréhender l’apport fonctionnel de la nature en ville

Conduite entre 2014 et 2018 sous le pilotage du Cerema à la demande du ministère en charge de l’Environnement, l’étude urbaine de l’EFESE a approfondi le concept de services écosystémiques appliqué aux milieux aquatiques et terrestres de la ville.

Cette démarche, issue de dynamiques internationales et portée par la recherche française, invite à considérer la nature non plus seulement comme un patrimoine à protéger, mais comme un véritable support de fonctions vitales pour la ville et ses habitants.

Autour de la notion centrale d’écosystème urbain, ces travaux ont croisé les regards et les expertises de la nature et de l’eau en ville. Au-delà de l’agrément, de la santé et du bien-être citadin, à laquelle les services espaces verts l’a voué, la nature est désormais reconnue pour ses fonctionnalités urbaines concrètes comme la régulation thermique locale, l’infiltration des eaux, la préservation de la qualité de l’eau, la régulation de la qualité de l’air. Ses capacités deviennent ainsi des composantes à part entière de l’aménagement urbain. Dans les aménagements de gestion des eaux pluviales rodés à la culture du risque, l’évolution s’est opérée en sens inverse. L’approche utilitariste (fonctions d’infiltration, de rétention et de qualité de l’eau) s’est peu à peu élargie vers une approche d’amélioration du cadre de vie et du bien-être. 

Avec le dérèglement climatique à l’œuvre et l’exposition des cités à la surchauffe urbaine et aux risques d’inondations, nature et eau en ville convergent vers un objectif commun d’aménagement : s’adapter et fabriquer une ville résiliente. 

Renaturer et désimperméabiliser ne relèvent plus uniquement d’approches paysagères ou hydrauliciennes. La désimperméabilisation s’affirme comme un geste clé pour restaurer l’infiltration des sols et démultiplier les services écosystémiques.
 

Programme de recherche GIEMU

Repenser la gestion alternative des eaux pluviales

Parallèlement, GIEMU, le programme de recherche sur la Gestion intégrée de l’eau en milieu urbain – conduit par le Cerema avec l’IRSTEA et l’IFSTTAR, avec l’appui de l’OFB et du ministère de la Transition écologique –, a analysé la transition des pratiques urbaines, du « tout tuyau » vers le « zéro tuyau ». 

Dans un contexte de tension climatique et de développement urbain, GIEMU a ciblé la gestion des eaux pluviales à la source et les synergies entre eau, sol et végétation. Les techniques de gestion des eaux pluviales autrefois qualifiées d’alternatives devraient devenir la règle dans la situation de dérèglement des régimes de pluviométrie.

Menés selon une démarche pluridisciplinaire et enrichis des retours d’expérience des collectivités, ces travaux soulignent une réalité majeure : la gestion pluviale mobilise une pluralité d’acteurs dont les compétences, responsabilités et leviers doivent s’articuler selon les contextes locaux.

Ils rappellent également l’impasse d’une réponse standardisée : chaque aménagement doit s’adapter aux spécificités du territoire, aux enjeux locaux ainsi qu’aux acteurs responsables de sa mise en œuvre et de sa gestion.

Ce programme de recherche a permis la construction d’un outil d’évaluation des services écosystémiques des aménagements de gestion des eaux pluviales qui a ensuite été décliné au niveau territorial : l’ancêtre de Pluviac.
 

Partenariat Toulouse Métropole

Expérimenter et outiller le territoire

Le Cerema et Toulouse Métropole ont noué un partenariat d’expérimentation pour appliquer la méthodologie d’évaluation des services écosystémiques rendus par les ouvrages végétalisés de gestion pluviale développée dans le cadre de GIEMU. La désimperméabilisation est reconnu comme un levier multifonctionnel face aux îlots de chaleur, aux ruissellements et à la qualité du cadre de vie. Ce constat fait, une question s’ouvre pour la collectivité : quels aménagements sont les plus efficients une fois le sol désimperméabilisé ? comment requalifier les espaces verts existants en écosystèmes fonctionnels du point de vue de l’hydraulique et de la biodiversité ? comment renaturer avec l’eau de pluie ? 

Plusieurs aménagements représentatifs de la ville ont été évalués à l’aide d’indicateurs ciblés. Concertée avec les acteurs locaux de l’aménagement, cette démarche a abouti à une grille comparative des solutions durables (intégrant bénéfices écosystémiques et contraintes de site) ainsi qu’à des logigrammes d’aide au choix des solutions. Ce
 

LIFE ARTISAN

Opérationnaliser les solutions fondées sur la nature

Ces enseignements ont trouvé un cadre opérationnel au sein du projet LIFE ARTISAN, piloté par l’Office français de la biodiversité (OFB), cofinancé à 60 % par la Commission européenne et dont le Cerema est bénéficiaire associé.

En appui au Plan national d’adaptation au changement climatique et à la Stratégie nationale pour la biodiversité, LIFE ARTISAN vise à valoriser et massifier le déploiement des solutions fondées sur la nature (SfN). Le programme crée ainsi un environnement propice à leur essor, de l’échelle du projet d’aménagement à celle des stratégies territoriales. 

C’est dans cette perspective que l’OFB a financé le développement de Pluviac, conçu pour faciliter et encourager le recours aux SfN liées à l’eau en milieux urbains et périurbains. L’application Pluviac fait donc une large place aux solutions fondées sur la Nature, reconnaissables dans les fiches « Solutions » au logo SfN. Le choix a été fait pour l’outil, dans une optique hydraulique, de maintenir des solutions non reconnues comme SfN.
 

Pluviac

Sensibiliser et guider les choix pour une gestion adaptée de l’eau pour le climat de demain

Fruit de ces recherches et démarches de terrain, Pluviac fait le pont entre retours d’expérience et décision locale. Il traduit la connaissance scientifique en leviers d’action pour infiltrer l’eau, désimperméabiliser, renaturer et accroître la résilience des territoires.

Compte tenu de l’urgence climatique, d’une raréfaction de la ressource en eau annoncé, l’un des premiers objectifs de PLUVIAC est de sensibiliser les décisionnaires et gestionnaires à ces aménagements vertueux, et valoriser ces aménagements multifonctionnels, sous le prisme des services écosystémiques.

Face à la diversité des options disponibles pour aménager, Pluviac, qui en détaille pas moins de 36, accompagne les collectivités dans l’identification, la comparaison et l’articulation des solutions techniques ou fondées sur la nature les plus pertinentes selon chaque projet.