Zone industrielle

Anticiper les risques climatiques, maîtriser les coûts économiques

Implantées majoritairement aux abords des villes et dotées de dessertes efficaces, les zones industrielles sont des périmètres dédiés à l’activité économique de production, de transport, de stockage et de logistique. Elles exigent sur de vastes surfaces dépourvues de relief, quelquefois à proximité des lits majeurs des cours d’eau. Hangars, usines et voiries font obstacle à l’infiltration naturelle de l’eau de pluie dans le sol. De ce fait, la vulnérabilité au risque d’inondation est susceptible d’engendrer des coûts peu conciliables avec l’exigence d’une activité économique constante. Imperméabilisées, ces vastes surfaces accroissent la surchauffe estivale tant à l’extérieur qu’à l’intérieur des bâtiments faiblement isolés.

Toitures de grande superficie, voiries, quais de chargement, parkings et aires de manœuvre… L’organisation spatiale d’une zone industrielle génère une forte artificialisation des sols, limite l’infiltration naturelle des eaux pluviales et accélère leurs ruissellements. Les risques de pollution des eaux aux hydrocarbures et aux métaux lourds y sont concentrés.
Contraintes par les usages de la zone, des solutions de gestion durable des eaux pluviales pourront néanmoins être mises en œuvre. L’efficacité de ces solutions s’appuie sur la capacité d'infiltration des sols aménagés (substrats drainants, végétation adaptée) et la rétention temporaire et/ou permanente de l’eau. Elles permettent de récupérer les eaux de ruissellement et capter leurs polluants. 
Ainsi, les bassins secs et en eau constituent un des aménagements majeurs intégré dans les zones industrielles. Dans des espaces plus résiduels et en périphérie des plateformes, îlots boisées et dépressions végétalisées prendront le relai pour augmenter les capacités d’infiltration et de stockage des eaux pluviales. Les solutions linéaires tels que les noues de tout type et tranchées de Stockholm se rendront utiles le long des voiries. Les gouttes tombées sur les gigantesques toitures des hangars seront recueillies dans les jardins de pluie capables d’infiltrer jusqu’à 4 fois leur impluvium. Ces aménagements peuvent être complémentaires à des bassins d’infiltrations. 

Ce que dit la loi…

Les lois APER (Accélération de la Production des Énergies Renouvelables) et Climat & Résilience sur les bâtiments industriels et commerciaux et leurs parkings de plus de 1500m2 visent d’une part, l’atténuation au changement climatique avec une exigence d’installation d’énergies renouvelables. D’autre part, pour l’adaptation au climat futur, ces lois orientent vers des solutions de renaturation.

Une ingénierie écologique au service de mutation des zones industrielles.

L’adaptation climatique, un enjeu de pérennité économique.

La vulnérabilité d’une zone industrielle au climat futur exige qu’elle se réinvente et mute pour assurer son avenir. Un aménagement de gestion durable des eaux pluviales et de végétalisation pourra limiter l’impact des perturbations climatiques sur l’activité économique. Les inondations des locaux sont retardées et limitées par les revêtements perméables sur les parkings et un système de noues, tandis que les bassins secs et en eau, aidés jardins filtrants pourront jouer un rôle de dépollution avec des essences végétales adaptées. 
Gardons à l’esprit que l’objectif premier dans une zone industrielle reste la qualité de l’eau, éviter toute contamination des cours d’eau et des nappes phréatiques.