Zone d’activité économique (Z.A.E)

Re-découvrir les sols

Qu’elles soient commerciales, artisanales, ou technologiques, les zones d’activités économiques (ZAE) concentrent sur leur périmètre, les employés,  les clients et leurs véhicules. Animées en journée, elles peuvent se retrouver désertes en soirée. Les constructions, structures répétitives cernées d’immenses parkings, se sont tant affranchies du paysage où elles « poussent » qu’elles laissent une impression banale et monotone. Fonctionnaliste, souvent sans recherche de qualité paysagère ou architecturale, les ZAE ont massivement consommé les terres en repoussant les limites des villes pour les imperméabiliser. Ceci n’est pas sans conséquence pour l’eau de pluie qui n’a plus de sols pour s'infiltrer là ou elle tombe. Les aménagements de gestion durable des eaux pluviales peuvent contribuer à la nécessaire mutation des zones d’activités économiques.

L’obligation réglementaire de gestion des eaux s’impose désormais. Grands parkings, voiries multiples, toitures étendues, fortes fréquentations… Chaque infrastructure appelle la solution  durable adéquate pour l’aménagement des eaux pluviales. Les parkings perméables minéraux permettront de remédier au fort ruissellement et à la formation de flaques. Si, en plus, ces parkings sont végétalisés et assortis d’îles végétalisées centrales, cela bénéficiera à l’embellissement de la ZAE. Les plantations accompagneront les circulations piétonnes, et au bout de quelques années, ombrageront les véhicules. La requalification paysagère des zones commerciales a un certain impact sur leur fréquentation, et attire la clientèle. Les noues le long des allées piétonnes et cyclables et les arbres de pluie entre les commerces peuvent collecter les eaux, capter les polluants et s'agrémenter de bancs et espaces de repos. Les aires de livraison peuvent disposer d'un revêtement étanche raccordé à des bassins de traitement pour éviter toute pollution. Les jardins de pluie au pied des descentes d’eau pluviale des commerces et bureaux peuvent capter jusqu’à 4 fois leur impluvium. En garantissant la bonne reprise des plantations, ils contribueront à la requalification paysagère souvent appréciée des usagers. Les massifs arbustifs denses, ou noues arborées, le long de bâtiments, de 3 à 4 m en strates continues créent de l’ombrage et des écrans acoustiques naturels (atténuation 8 à 12 décibels) près des zones de pauses, de détente et de restauration. 

Ce que dit la loi…

Pour les parkings de plus de 1 500 m², la réglementation instaurée par la loi Climat et Résilience ajoute les solutions fondées sur la nature comme mesures d’adaptation au changement climatique : des dispositions favorisent la gestion des eaux pluviales à la parcelle. 

L'idée clé est de requalifier ces zones d’activité au bénéfice de l’eau, des usagers et de l’économie.

Z.A.E : se transformer pour un nouveau climat…

Plusieurs générations de Z.A.E ont été conçues sur un modèle qui se révèle inadapté aux aléas climatiques. Les espaces extérieurs des Z.A.E doivent ramener les services écosystémiques absents : infiltrer l’eau et rafraîchir l’air, créer une ambiance paysagère de qualité. Les sols doivent réémerger au milieu des parkings et la végétation amorcer ici son grand retour. Avec de l’ombrage naturel, un rafraîchissement généré par les plantes, les espaces sont plus désirables. Le temps de séjour des clients pourrait être augmenté. Les bassins d’infiltration rafraîchiront l’ambiance des bureaux permettant ainsi une amélioration du confort thermique. L’amélioration globale de la qualité paysagère et écologique constitue un bénéfice apprécié des employés. Le défaut d’isolation thermique des commerces et des bureaux rend la climatisation nécessaire. Mais elle réchauffe l'air extérieur et accroît les dépenses. Obéissant à la réglementation et à leurs capacités économiques, les ZAE entament leurs transformations.