Quartier urbain dense

Chaque mètre carré compte !

Des rues étroites aux grands ensembles, les quartiers densément habités présentent des formes urbaines très variées. Les cœurs de ville avec leurs bâtiments rapprochés, les places minérales et parkings bituminés concourent à un foncier rare et des sols recouverts qui rendent ardue la gestion alternative des eaux pluviales. Les ensembles urbains de tours densément habitées ont été plus économes en foncier et leurs espaces verts constituent aujourd’hui une réelle opportunité de renaturation et d’adaptation. Plus récents, les écoquartiers visent à faire coexister densité de population et qualité de vie en intégrant pleinement l’eau et la nature.

L’enjeu reste de retrouver une place pour l’eau et la nature dans des formes urbaines très différentes. Les opérations de réhabilitation urbaine constituent une occasion à saisir pour les quartiers de grands ensembles « politique de la ville » et les écoquartiers afin d’allier adaptation et amélioration du cadre de vie. C’est le foncier et les sols disponibles qui orienteront le panel des solutions de gestion des eaux pluviales. La plantation d’arbres et d’arbustes favoriseront l’ombrage et la fraîcheur Ils prendront utilement leur place dans les noues qu’elles soient écologiques arborées ou herbacées, les bassins secs, les îlots boisés et îlots végétalisées, renforcées si besoin par des techniques drainantes ou de stockage. Plus rares, une dépression végétalisée, une mare ou bassin en eau apporteront une vraie plus-value paysagère. Dans les centres-villes, chaque mètre carré est disputé entre les usages, les déplacements et la nature. Les possibilités de désimperméabilisation doivent être saisies là où les transformations de voiries, de places, ou d’espaces publics les rendent possibles. Le défi n’est pas de trouver une solution technique, mais de lui trouver une place.

Zonage pluvial…

L'article L2224-10 oblige les communes à délimiter un zonage pluvial. Le règlement "ParisPluie" (2018) impose d'abattre les premiers millimètres de pluie (4 à 16 mm selon les zones) en 24 heures, avec une approche graduée selon la densité urbaine. Le zonage intègre le type de sol et les capacités foncières : il est possible de combiner des solutions durables.

Chaque m² compte : maximiser les services écosystémiques pour des quartiers habitables en climat futur.

Urgence climatique des quartiers denses : l’habitabilité en jeu ! 

La désimperméabilisation et la renaturation des quartiers densément peuplés répondent à un enjeu majeur d’habitabilité face au changement climatique. Ces évolutions sont stimulées par les trop fortes chaleurs ou les précipitations hors normes… rendant les conditions de vie pénibles voire risquées. Les aménagements réintroduisent la nature renforçant la présence de la végétation et en redonnant une place à l’eau. Quelle que soit la technique utilisée et aussi petites qu’elles soient, ces solutions combinées opèrent une transformation. Elles agrémentent le paysage de touches non minérales et donnent aux citadins une alternative à la vue sur les bâtiments. La nature prodigue au  quartier ses multiples services : de l’ombrage et une certaine régulation thermique au plus près des habitants, une infiltration qui limite le ruissellement. Les plantations pourraient associer espèces locales et méditerranéennes naturellement adaptées à ces conditions exigeantes. Dans des formes urbaines très contrastées, des grands ensembles aux centres-villes denses, l’enjeu est ainsi de valoriser les capacités propres à chaque espace pour faire de la nature et de l’eau de pluie des supports de fraîcheur, de biodiversité et de qualité de vie.