Parking

Stationner sans imperméabiliser

Asphaltes, bitumes, goudrons et bétons revêtent souvent les parkings sans laisser la moindre chance aux gouttes d’eau de pluie de pénétrer le sol. Cette imperméabilisation pratique pour sa résistance et son entretien limité, est pourtant une des habitudes à questionner à l’aube du dérèglement climatique et des risques d’inondation. 

Les parkings ont saturé les cours privés des habitats, les places publiques et leurs alentours, les rues. Ils dominent les zones d’activités. Tantôt souterrains tantôt aériens, contrôlés ou anarchiques, ils escortent souvent, au titre de la multimodalité, gares et aéroports. Où qu’ils soient situés, ils partagent une contrainte commune : supporter le poids et les déplacements répétés des véhicules, lourds et légers. Ce trafic entraîne un tassement du sol qui réduit sa perméabilité et donc sa capacité à infiltrer l’eau. À cela s’ajoute l’imperméabilisation des surfaces, qui accélère le ruissellement et reporte vers les réseaux une quantité importante d’eau pluviale.

Pour le stationnement, des solutions permettent de concilier portance des sols et maintien de leur capacité d’infiltration de l’eau vers la nappe phréatique. Sur les emplacements directement occupés par les véhicules, les revêtements peuvent être conçus de manière à limiter l’imperméabilisation : pavés/résines drainants, enrobés ou béton poreux ou dalles alvéolées  et autres dispositifs non jointoyés laissent l’eau rejoindre progressivement le sol. Entre les places et le long des cheminements piétons, des noues végétalisées peuvent accueillir une végétation herbacée, arbustive et arborée. Ces arbres pourront, à terme, apporter de l’ombre et contribuer au confort des usagers. Des dispositifs linéaires comme les tranchées de Stockholm, ou, isolés comme les arbres de pluie maintiennent  également une couverture végétale tout en aménageant sous la surface des espaces favorables au stockage et à l’infiltration de l’eau. Lorsque le risque de pollution est important, des dispositifs techniques complémentaires, comme des bassins ou ouvrages de traitement, peuvent renforcer la fonction épuratoire. Ces solutions nécessitent toutefois d’anticiper leur gestion : entretien de la végétation, ramassage des feuilles, maintien des capacités d’infiltration, etc.

Nouvelles dispositions « Climat » pour les parkings > 1500 m²

Pour les parkings de plus de 1 500 m², la réglementation instaurée par la loi Climat et Résilience ajoute les solutions fondées sur la nature comme mesures d’adaptation au changement climatique : des dispositions favorisent la gestion des eaux pluviales à la parcelle.

Se garer dans un cadre plus ombragé et verdoyant !

Stationner : une place pour l’eau pluviale, une pour la biodiversité…

La généralisation de la voiture individuelle et le stationnement ont radicalement transformé le visage des villes. La reconquête de chaque place de stationnement est toujours délicate. Si les alternatives efficaces à l’usage de la voiture réduisent de fait le besoin en places de stationnement, les parkings végétalisés concilient stationnement et adaptation. Ils convainquent par les services écosystémiques rendus. En premier lieu, la régulation quantitative des eaux pluviales. Les aménagements réduisent les volumes d’eau ruisselant en surface et envoyés vers les réseaux, contribuant ainsi à limiter les risques de surcharge et d’inondation. Cette nouvelle génération de parking rend également un service de régulation qualitative : en traversant les substrats, l’eau peut être filtrée et certaines substances polluantes retenues ou dégradées. La végétalisation améliore le cadre paysager général. La régulation des températures quant à elle sera  proportionnelle à la place laissée à la végétation et au choix des végétaux. Les alignements d’arbres créeront de l’ombre, et contribueront au confort des usagers. Ils pourront à terme accentuer l’attractivité des espaces commerciaux, touristiques ou résidentiels. Cependant, les surfaces minérales qui subsistent dans les parkings limitent l’évapotranspiration et par conséquent, la régulation du climat. Désimperméabiliser et végétaliser les parkings, constituent pour les collectivités deux outils de reconquête urbaine propices à l’adaptation. Elles agissent ainsi, concomitamment, en faveur de la gestion de l’eau, de l’adaptation au changement climatique et de la qualité du cadre de vie.