Non intervention contrôlée

Quand observer devient un mode de gestion.

Et si… la gestion consistait à ne pas gérer! Lorsqu’aucune action n’est entreprise dans l’espace végétalisé, on parle de non intervention. Le terme de contrôle signifie le maintien d’un suivi de l’état de la parcelle, par observation de l’évolution naturelle. L’intervention sera limitée à des actions correctives comme la suppression d’espèces envahissantes, la limitation de risques de chutes d’arbres, l’envasement pour une mare…

La non-intervention constitue un véritable mode de gestion : ce n’est pas un renoncement mais un « laisser-faire » encadré. Il s’agit de faire confiance dans la libre évolution d’un espace tout en assurant une surveillance attentive afin de prévenir certains risques et d’intervenir ponctuellement si nécessaire. Bassins secs et mares, dépressions végétalisées, massifs et îlots végétalisés, dans leur déclinaison écologique non équipée, constituent des solutions d’aménagements durables de gestion des eaux qui sont adaptées à la non intervention contrôlée. Par exemple, dans les massifs arborés, le bois mort est laissé sur place. En décomposition, il emmagasine beaucoup d’eau et constitue un habitat et une source de nourriture pour bon nombre d’espèces.

Les espaces naturels comme exemples inspirants

La Directive européenne « Habitats-Faune-Flore » (92/43/CEE) et la loi sur la biodiversité (2016) encouragent la libre évolution de certains espaces naturels pour favoriser les habitats d’espèces protégées ou menacées.

Suivi scientifique ou technique

Observer l’évolution selon l’étude
 

Suivi régulier

1 ou 2 fois par an (printemps et fin d’été)

Retours citoyens

Les citoyens préviennent en cas de désagrément sur un espace

Importée des grands espaces naturels, la non intervention contrôlée s’invite en ville pour plus de résilience en climat futur.

Seul, un suivi régulier de l’évolution du milieu permet de vérifier l’absence d’espèces exotiques envahissantes, la bonne santé de la faune et l’absence de danger pour les personnes (plantes allergènes, chute de branches, présence d’un nid de frelons...). Compte tenu de l'héritage très interventionniste des espaces verts, l’introduction de cette gestion en ville dérange les usagers et ravivent les peurs inspirées de la nature sauvage (piqures moustiques, serpents…). Régulièrement associée à un défaut de gestion et à un aspect «sale», la non intervention contrôlée nécessite une sensibilisation du public : les écosystèmes en équilibre n’amènent pas plus que d’autres ces désagréments. La libre évolution est propice à la biodiversité, et aux services écosystémiques de régulation de l’eau et du climat.