Gestion intensive

Un héritage esthétique coûteux

La gestion intensive se caractérise par un entretien très fréquent visant à obtenir une végétation rase de pelouse et un fleurissement abondant et renouvelé. L’esthétique « classique » est privilégiée, cette gestion est réservée aux espaces grandement fréquentés par le public.

Les solutions d’aménagements durables de gestion des eaux sont très majoritairement végétalisées : bassins secs, noues, dépressions végétalisées, massifs et arbres de pluie. Retenir l’une de ces solutions implique d’anticiper et de cibler le mode de gestion le plus approprié aux usages, à la fréquentation et aux services écosystémiques à privilégier. Une gestion intensive correspond souvent à la déclinaison « ornementale », ou « équipée » de ces solutions végétalisées. Afin de maîtriser le développement naturel des végétaux, la gestion intensive multiplie les interventions de tontes, tailles et arrosages du printemps à l’automne. Ce mode de gestion permet d’obtenir des espaces verts à l’esthétique choisie et maitrisée. Les qualités ornementales et le fleurissement guident le choix des végétaux. Alors que ce mode de gestion était la règle générale, l’optimisation des coûts d’entretien particulièrement élevés et la prise de conscience écologique les réservent aujourd’hui à des espaces de prestige, très fréquentés dont l’étendue se réduit au profit d’une gestion plus écologique.

Produits phytosanitaires désormais interdits

Longtemps autorisés pour faciliter l'entretien des espaces verts, les pesticides, insecticides et fongicides sont interdits depuis le 1er juillet 2022. La loi Labbé interdit l'usage de produits phytosanitaires dans les espaces verts publics ainsi que dans les propriétés privées, les lieux fréquentés par le public et ceux à usage collectif.

Fauchage ou tonte

Supérieur ou égal à 3 fois par an

Coupe d’arbres et d’arbustes

Supérieur à 1 fois par an tous les 2 à 3 ans

Arrosage 

Arrosage régulier des plantes

Tontes en hausse… biodiversité en baisse !

Le mode de gestion influe sur les services écosystémiques rendus. Avec la gestion intensive, tout est misé sur un seul service, celui de l’aménité paysagère, et d’une esthétique héritée d’une culture du fleurissement ornemental. Les cycles de vie de la flore et la faune étant peu respectés, la biodiversité reste limitée, et ne peut être le support d’autres services. La régulation du micro-climat se voit considérablement affaiblie du fait d’une très faible surface foliaire qui réduit l’évapotranspiration. En revanche, les services de régulation des flux et de la qualité de l’eau sont largement maintenus du fait de la perméabilité de leurs sols, quoiqu’amoindris par de faibles systèmes racinaires. Aussi, les espaces ainsi gérés restent nettement plus performants que ceux imperméabilisés.