L'école

Accueillante pour l’eau de pluie et instructive pour les enfants

Lieu d'apprentissage et d’éveil, l’école est l’espace de vie où les enfants passent la majeure partie de leur journée. Les défis de notre époque - préservation du vivant, adaptation au climat futur, sobriété vis-à-vis des ressources comme l’eau - appellent une exemplarité pédagogique et exigent une transformation concrète de ces lieux du quotidien.

Fortement minéralisée et imperméabilisée, peu ou pas arborée, l’école d’aujourd’hui est inadaptée au climat de demain. Toitures, cours asphaltées, réseaux enterrés font la conception traditionnelle. Les solutions fondées sur la nature pour les cours d’école désimperméabilisent, rendent l’eau visible, transforment les espaces bitumés en environnements ludiques, rafraîchis et végétalisés. L’âge des élèves orientera vers des projets d’aménagement adaptés : pour les plus jeunes, cours de jeux en revêtement perméable, îlots et dépressions végétalisés, arbres de pluie, noues et bassins secs, et chez les plus grands, bassins en eau peu profonds pour observer la faune aquatique... On veillera à ce que l’utilisation des eaux de pluie à l’intérieur des établissements scolaires ne compromette ni la sécurité sanitaire ni la santé publique.

Un modèle inspirant

Le programme parisien des « Cours Oasis », lancé en 2017, est devenu une référence nationale, désormais challengée par de nombreuses collectivités françaises. Soucieuse des enfants, public vulnérable s’il en est, la Ville de Paris a engagé la transformation progressive et résolue de centaines de cours scolaires en îlots de fraicheur, alliant végétalisation et gestion des eaux pluviales pour réduire les méfaits caniculaires.

Faire évoluer les espaces scolaires, c’est offrir aux enfants des lieux vivables et expérimenter les solutions de demain.

Moins de flaques, plus d’ombrage pour une cour ludique et pédagogique.

Au-delà d’une meilleure régulation du flux d’eau, ces projets génèrent une palette de services écosystémiques pédagogiques et récréatifs, voire nourriciers, dès lors qu’un verger ou des petits fruits sont plantés. Une école attentive à l’eau et au vivant prend soin du bien être et des besoins spécifiques des enfants. Elle offre des espaces diversifiés : davantage d’ombre pour s’abriter des canicules, de calme pour se reposer, de reliefs ondulants pour se dépenser, quelquefois même un amphithéâtre de verdure pour faire l’école dehors. Deux exemples. Le relief en creux et en bosses dynamise l’espace de jeu d’une école primaire : ces dépressions végétalisées se remplissent aux moments des pluies et empêche des débordements. Dans un lycée, une enfilade de bassins enherbés jouent le rôle de « tuyau à ciel ouvert » pour infiltrer les eaux de pluies, et font de la cour un lieu agréable et unique. Voir l’eau circuler, s’infiltrer, nourrir les sols et les plantes, rafraîchir les espaces ouvre à une pédagogie directe du cycle de l’eau. Support d'apprentissage direct, ces équipements obligent à réviser les modèles de gestion et le non-usage estival. Certaines écoles ainsi réaménagées s‘ouvrent au public l’été et en soirée en l’absence des élèves.